Valoriser son expérience à l’étranger

Valoriser son expérience à l’étranger

L’expérience à l’étranger n’est pas un atout qui va de soi

Pour commencer, il faut tout de suite se faire à l’idée que, malgré tout ce qu’on en dit, avoir travaillé à l’étranger est rarement perçu de base par les recruteurs français comme un atout dans un profil, aussi absurde que ça puisse paraître. Cela dépend bien sûr du type d’expérience professionnelle à l’étranger, du secteur, du métier, de l’ancienneté et de la cohérence de cette expérience avec ses études, ses autres expériences et ses prétentions professionnelles une fois rentré en France. Un ingénieur en forage ayant exercé en Angola pourra plus facilement valoriser son expérience en France qu’un chargé de communication au VietNam postulant pour un poste à Paris, par exemple. Certains métiers sont recherchés et bien reconnus (dans l’ingénierie, la restauration, l’hôtellerie par exemple) en France, tandis que d’autres sont beaucoup plus concurrentiels (communication, marketing, presse…) et plus dépendants du contexte culturel dans lequel ils s’inscrivent.

De même, tous les pays d’expatriation ne se valent pas dans l’esprit des recruteurs français. Revenir après avoir exercé un poste à responsabilité dans une grosse firme aux Etats-Unis se “vend” beaucoup mieux qu’une expérience similaire dans n’importe quel pays d’Afrique. Il est encore courant de penser que “l’occident” a des règles professionnelles plus strictes et plus valables que dans d’autres pays du monde… Méconnaissance, manque de confiance, manque de temps et d’outils pour analyser en détails les profils des candidats… Le milieu RH a encore beaucoup de difficultés à saisir l’immensité des défis d’une expatriation professionnelle réussie qui garantit que le candidat pourra s’adapter à pratiquement n’importe quel poste en France, et qu’il pourra acquérir vite et bien les éventuelles compétences manquantes.

Rester sincère avec soi-même et les recruteurs

Le plus difficile est de rester calme et détaché lorsque les recruteurs vous regardent avec méfiance, voire avec un air amusé qui témoigne de leur immense mépris pour tout ce que vous avez pu faire à l’autre bout du monde (ou à quelques centaines de kilomètres de là). On vous prends pour un touriste, pour un enfant égaré, pour une personne qui n’a pas le sens des réalités (SIC). Parmi les questions idiotes que l’on vous posera, figurent la traditionnelle “Pourquoi êtes-vous rentré, franchement?”, la classique “Prévoyez-vous de repartir, et quand?”, la sensible “Etes-vous conscient que vos exigences salariales ne correspondent pas du tout aux standards français?” ou encore la méprisante “Bon, mais vous avez fait quoi, concrètement, là bas?”

Il faut en être conscient et s’y préparer. J’ai partagé ma propre expérience dans un article à ce sujet qui a été largement partagé sur les réseaux sociaux.

La liste est longue, mais finalement l’ensemble de ces réactions correspondent à des cultures d’entreprises pour lesquelles vous ne souhaitez pas travailler. Elles sont trop franco-francaises et fonctionnent selon des codes qui sont déjà dépassés, surtout pour des profils plus flexibles et plus polyvalents comme la plupart des expatriésIl y a tout de même des entreprises qui s’adaptent et qui font évoluer leurs modes de recrutement vers plus d’intelligence, plus de souplesse, plus d’humain et moins de cases à remplir dans un formulaire. Vous le ressentirez au moment de passer les entretiens :  le contact humain doit être naturel et respectueux des deux côtés de la table. Ce n’est pas parce que vous postulez que vous devez renier ce que vous êtes et la valeur de ce que vous avez fait. Un juste milieu est à trouver entre l’idéalisation de “l’avant” et la capacité à convaincre l’employeur que votre esprit et votre coeur se trouvent désormais en France, de même que ce dernier doit démontrer son intérêt tout en testant l’aspect purement “compétences” et “aspirations” du candidat.

Focalisez-vous sur les recruteurs et les entreprises qui vous parlent, qui vous correspondent, qui vous inspirent confiance. Ceux-là sont plus à même de saisir votre valeur réelle et surtout, de vous apporter un cadre de travail qui vous plaira durablement. Les processus d’embauche étant assez longs en France, vous économiserez beaucoup de temps et d’énergie à bien choisir votre job (quitte à en refuser quelques uns) plutôt que de prendre rapidement quelque chose à contre coeur car enfin, vous êtes tombé sur quelqu’un qui a dit oui. Il est en plus mal vu d’accumuler des expériences trop courtes et des démissions multiples sur un CV en France, et vous risquez de vous “griller” rapidement.

Pas de fausse modestie donc. Les compétences interculturelles, personnelles, professionnelles, communicatives et linguistiques acquises pendant un séjour à l’étranger ne doivent jamais être sous-estimées. Vous avez le droit d’être exigeant, si vous l’êtes de manière cohérente et proportionnelle à votre parcours réel.

Sachez qu’il y a des professionnels qui travaillent à la description et à la reconnaissance au répertoire RNCP des compétences interculturelles.

Se faire accompagner pour la réécriture du CV

Pour l’aspect purement formel de la candidature (CV, lettre de motivation, entretien d’embauche), il est vraiment indispensable de se faire accompagner, soit ponctuellement, soit durablement si vous êtes aussi dans une démarche de changement d’orientation professionnelle. L’APEC propose par exemple des services gratuits pour les profils cadres.

Notre équipe de prestataires spécialisés dans les parcours nomades sont à votre écoute pour accompagner votre reconversion professionnelle, qu’il s’agisse d’affiner votre projet ou de vous aider à y voir plus clair. Nous proposons des prestations ciblées sur la réécriture du CV, l’optimisation de la candidature, le réseau et bien-sûr la recherche d’emploi en France. De quoi gagner un temps précieux !

Pour des informations plus détaillées sur la recherche d’emploi post-retour, consultez le Guide du retour en France pour bénéficier de tous les retours d’expérience de notre communauté.