Aller au contenu principal
Retour en France

Famille

Rentrer en France avec un conjoint étranger non européen (2026)

Visa, titre de séjour, regroupement familial, naturalisation : le parcours de régularisation d'un conjoint non européen au retour en France, étape par étape.

Par Anne-Laure Fréant 7 min de lecture

En résumé

Rentrer en France avec un conjoint non européen suppose d'anticiper son entrée et son séjour. Le mariage civil ouvre droit au visa long séjour valant titre de séjour mention « conjoint de Français » (VLS-TS), à demander au consulat français du pays de départ via france-visas.gouv.fr. Ce visa est gratuit, autorise le travail, et doit être validé en ligne sur le portail ANEF dans les 3 mois suivant l'arrivée, moyennant une taxe de 50 €. Si le conjoint reste à l'étranger après votre retour et que vous n'êtes pas mariés, la voie est le regroupement familial, qui exige 18 mois de séjour régulier en France, des conditions de logement et de ressources, et une instruction OFII de 6 mois maximum. Le PACS et le concubinage n'ouvrent pas droit au visa « conjoint de Français » : ils sont seulement un élément d'appréciation des liens personnels en France. Après un an de VLS-TS, le conjoint peut demander une carte de séjour pluriannuelle « vie privée et familiale » (2 ans), puis une carte de résident de 10 ans après 3 ans de mariage. La naturalisation par mariage est ouverte après 4 ans, ou 5 ans en cas de défaut de communauté de vie en France.

En bref

  • Le visa long séjour conjoint de Français (VLS-TS) se demande au consulat français du pays de départ, via france-visas.gouv.fr, et il est gratuit
  • Le VLS-TS doit être validé en ligne sur administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr dans les 3 mois suivant l'arrivée (taxe 50 €)
  • Le regroupement familial exige 18 mois de séjour régulier en France du demandeur, plus des conditions de ressources et de logement, instruction OFII en 6 mois
  • La naturalisation par mariage est ouverte après 4 ans de mariage (5 ans à défaut de communauté de vie en France pendant 3 ans)

C’est l’angle mort de la plupart des projets de retour. Vous êtes Français, vous rentrez, vous croyez que votre conjoint étranger pourra simplement vous suivre — et vous découvrez qu’il faut un visa, qu’il se demande au pays de départ, et que le calendrier dicte tout. Voici comment le conjoint étranger non européen régularise sa situation au retour, étape par étape, sans angle mort.

Important : le droit des étrangers évolue régulièrement, en particulier depuis la loi du 26 janvier 2024 sur l’immigration. Vérifiez chaque condition exacte sur france-visas.gouv.fr ou service-public.gouv.fr avant le dépôt de votre dossier, et n’hésitez pas à interroger le consulat français du pays de départ pour les cas particuliers.

Le point de départ : un visa avant l’arrivée en France

Sauf nationalité dispensée de visa Schengen pour les courts séjours (États-Unis, Canada, Brésil, Japon… liste sur france-visas.gouv.fr), un conjoint étranger non européen doit disposer d’un visa pour entrer en France.

Et même quand l’entrée est possible sans visa pour un séjour touristique de 90 jours, ce visa de court séjour ne permet ni de s’installer durablement, ni de travailler. Pour s’installer, le conjoint doit obligatoirement obtenir un visa de long séjour avant le départ, dans son pays de résidence.

Ce point structure tout le calendrier. La demande de visa long séjour se fait au consulat français du pays de départ, via le portail france-visas.gouv.fr, et nécessite plusieurs semaines de préparation. Anticiper, c’est éviter de devoir laisser le conjoint sur place pendant des mois après votre retour.

Le visa long séjour conjoint de Français (VLS-TS)

Si vous êtes mariés à un citoyen français, le conjoint relève d’un visa spécifique : le visa long séjour valant titre de séjour mention conjoint de Français, communément appelé VLS-TS.

Ce visa est délivré sans conditions de ressources ni de logement, contrairement au regroupement familial. Il peut toutefois être refusé en cas de mariage frauduleux, de menace pour l’ordre public ou si la communauté de vie n’est pas effective.

Caractéristiques principales :

  • Demande à l’ambassade ou au consulat de France du pays de résidence du conjoint, via france-visas.gouv.fr
  • Gratuité des frais consulaires de visa
  • Durée généralement inférieure ou égale à 1 an
  • Autorise le travail dès l’arrivée, sans démarche supplémentaire pour l’employeur
  • Permet de circuler dans l’espace Schengen une fois validé

Source officielle : service-public.gouv.fr — fiche F1764, L’époux étranger d’un Français — « Si vous êtes marié à un Français, le VLS-TS est délivré sans conditions. »

Le mariage doit être célébré devant un officier d’état civil français, ou, s’il a été célébré à l’étranger, transcrit sur les registres consulaires français pour être reconnu. La transcription est une démarche distincte, à anticiper plusieurs mois avant la demande de visa.

La validation du VLS-TS dans les 3 mois suivant l’arrivée

C’est l’erreur classique. Le visa est délivré, le couple arrive en France, et personne ne pense à la validation.

Or, dans les 3 mois suivant l’arrivée en France, le conjoint doit valider son VLS-TS en ligne sur le portail administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr (plateforme ANEF — Administration Numérique des Étrangers en France) et payer une taxe de 50 €.

Sans cette validation, le visa devient caduc à l’expiration des 3 mois. Concrètement, le conjoint bascule en séjour irrégulier, ne peut plus franchir les frontières Schengen, et la demande de carte de séjour à un an se complique fortement.

Source officielle : service-public.gouv.fr — Valider un VLS-TS — « Vous devez le faire dans les 3 mois suivant votre arrivée en France. »

La validation se fait entièrement en ligne. Pièces à préparer : numéro de visa, date d’entrée en France, adresse française, paiement par carte bancaire. Une fois validé, le VLS-TS tient lieu de titre de séjour pendant un an.

Le regroupement familial : pour quels cas ?

Le regroupement familial est une procédure différente. Elle permet à un étranger en situation régulière en France de faire venir son conjoint et ses enfants restés à l’étranger.

Elle ne concerne donc pas le couple Français + conjoint étranger marié, qui relève du visa conjoint de Français. Elle peut en revanche concerner certaines situations spécifiques, par exemple un Français binational qui détient également un titre de séjour étranger et dont le conjoint relève d’une autre voie.

Conditions principales :

  • 18 mois de séjour régulier en France pour le demandeur (12 mois pour les ressortissants algériens)
  • Ressources stables : en moyenne l’équivalent du SMIC selon la composition familiale
  • Logement considéré comme normal pour une famille comparable dans la région : 22 à 28 m² pour un couple, plus 10 m² par personne supplémentaire
  • Demande déposée auprès de l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration), en ligne ou par courrier recommandé
  • Délai d’instruction : 6 mois maximum à compter du dossier complet — l’absence de réponse vaut refus implicite

Source officielle : service-public.gouv.fr — Regroupement familial — « Vous devez résider en France de manière régulière depuis au moins 18 mois. »

Pour la grande majorité des couples mixtes mariés où l’un est Français, c’est donc bien le VLS-TS conjoint de Français qui s’applique, pas le regroupement familial.

PACS, concubinage : quelles voies ?

Le PACS et le concubinage n’ouvrent pas droit au visa conjoint de Français. Ce visa est strictement réservé au mariage civil.

Le PACS peut toutefois être pris en compte comme élément d’appréciation des liens personnels et familiaux en France, en vue d’une carte de séjour « vie privée et familiale » délivrée par la préfecture. La démarche est plus longue, plus aléatoire, et nécessite de justifier d’une vie commune ancienne et stable (généralement plusieurs années).

Pour un couple non marié au moment du retour, deux stratégies pragmatiques :

  1. Se marier avant le retour, dans le pays de résidence ou en France lors d’un séjour, pour ouvrir la voie du VLS-TS conjoint de Français.
  2. Se pacser et constituer un dossier solide de vie commune, en préparant une demande de carte de séjour vie privée et familiale à déposer à la préfecture après l’arrivée. La voie est plus incertaine et le conjoint reste vulnérable pendant l’instruction.

Le mariage simplifie nettement le parcours administratif. Ce n’est pas un jugement, c’est un constat juridique.

Tableau récapitulatif des trois voies principales

VoieStatut du coupleDemande oùConditions logement / ressourcesDélai d’instruction
VLS-TS conjoint de FrançaisMarié à un FrançaisConsulat de France du pays de départAucune2 à 4 semaines en pratique
Regroupement familialÉtranger en France faisant venir un conjointOFII (ligne ou courrier)Logement et ressources exigés6 mois maximum
Carte de séjour vie privée et familiale (PACS / concubinage)Pacsé ou concubinPréfecture après entrée régulièreJustifier ancienneté de la vie communeVariable, souvent plusieurs mois

Après le VLS-TS : carte pluriannuelle puis carte de résident

Une fois la première année écoulée, le conjoint dépose une demande de carte de séjour pluriannuelle « vie privée et familiale », valable 2 ans et renouvelable. La demande se fait en ligne sur l’ANEF, au plus tôt 4 mois et au plus tard 2 mois avant la fin de validité du VLS-TS.

Cette carte autorise le séjour et le travail. Conditions : être marié depuis au moins 6 mois au moment de la demande, justifier d’une communauté de vie continue avec le conjoint français, et que ce dernier ait conservé la nationalité française.

Source officielle : service-public.gouv.fr — fiche F2209, carte de séjour vie privée et familiale

Après 3 ans de mariage et de communauté de vie, et sous réserve d’intégration suffisante, le conjoint peut demander la carte de résident de 10 ans. Cette carte offre une stabilité forte et facilite l’accès à de nombreux droits.

La naturalisation par mariage

La nationalité française par mariage relève d’une déclaration, pas d’une demande discrétionnaire. Elle est ouverte après 4 ans de mariage avec un Français, sous conditions :

  • Communauté de vie affective et matérielle continue depuis le mariage
  • Le conjoint français a conservé la nationalité française
  • Niveau de français B1 oral et écrit justifié par diplôme ou test
  • Connaissance suffisante des droits et devoirs du citoyen français
  • Pas de condamnations pénales lourdes

Le délai passe à 5 ans si vous ne pouvez pas justifier de 3 ans de vie commune en France depuis le mariage. Cas typique : si le couple a vécu majoritairement à l’étranger pendant l’expatriation, le délai sera de 5 ans même si le mariage est plus ancien.

Source officielle : service-public.gouv.fr — fiche F2726, déclaration de nationalité par mariage

La déclaration se dépose en préfecture ou au consulat de France selon la résidence. Comptez plusieurs mois d’instruction, parfois jusqu’à un an, plus le délai d’enregistrement par le ministère.

Les erreurs fréquentes à éviter

Cinq pièges récurrents qui coûtent du temps et parfois bien davantage.

  1. Ne pas anticiper le visa avant le retour. Le couple rentre, le conjoint reste sur place, les démarches consulaires durent des mois — séparation prolongée à la clé.
  2. Partir avec un visa touriste pour s’installer. Interdit dans les faits, et bloquant pour la suite : pas de transformation possible en titre de séjour sans repartir.
  3. Oublier la validation du VLS-TS dans les 3 mois. Le visa devient caduc, le séjour irrégulier.
  4. Sous-estimer la transcription du mariage célébré à l’étranger. Sans transcription au registre consulaire français, le mariage n’est pas opposable en France et le visa conjoint de Français peut être refusé.
  5. Croire que le PACS suffit. Le PACS n’ouvre pas droit au visa conjoint de Français. Pour les couples non mariés, le mariage avant le retour est souvent la voie la plus simple.

Couverture santé du conjoint : un sujet à part

Contrairement au Français qui rentre et qui relève après 3 mois de carence de la PUMA, le conjoint étranger ne peut s’affilier à l’Assurance Maladie qu’après obtention de son titre de séjour ou validation du VLS-TS.

Concrètement, prévoyez une assurance santé privée pour couvrir la période entre l’arrivée et l’ouverture effective des droits. Si le conjoint commence une activité salariée dès l’arrivée, l’employeur déclenche l’affiliation auprès de l’URSSAF, indépendamment du statut du conjoint français.

Pour aller plus loin

Avertissement : cet article décrit les règles générales applicables au 1ᵉʳ mai 2026. Le droit des étrangers évolue (loi du 26 janvier 2024 notamment). Pour une situation personnelle, consultez le consulat de France de votre pays de départ, l’OFII, la préfecture ou un avocat spécialisé en droit des étrangers. Les délais et conditions exacts dépendent du pays, du contexte familial et des évolutions réglementaires.

Questions fréquentes

On vous explique

Mon conjoint peut-il venir en France avec un visa touriste pour s'installer ?
Non. Le visa de court séjour Schengen ne permet pas de s'installer durablement ni de travailler en France. S'installer avec un simple visa touriste (ou en exemption de visa pour les nationalités dispensées) est une situation irrégulière qui empêche d'obtenir ensuite un titre de séjour sans repartir. Le bon réflexe est de demander le VLS-TS conjoint de Français au consulat avant le départ.
Faut-il être mariés pour bénéficier du visa conjoint de Français ?
Oui. Le visa long séjour mention « conjoint de Français » est réservé aux couples mariés civilement. Le mariage doit avoir été célébré devant un officier d'état civil français ou, s'il a eu lieu à l'étranger, transcrit sur les registres consulaires français. Le PACS et le concubinage n'ouvrent pas droit à ce visa, même s'ils peuvent être pris en compte plus tard pour une carte de séjour vie privée et familiale.
Combien de temps faut-il pour obtenir le VLS-TS conjoint de Français ?
Le délai dépend du consulat et du pays. Comptez en pratique 2 à 4 semaines pour un dossier complet, parfois davantage selon les périodes. Pensez à anticiper la prise de rendez-vous au consulat, qui peut elle-même prendre plusieurs semaines dans certains pays. Le portail france-visas.gouv.fr indique les pièces à fournir et permet de remplir la demande en ligne.
Le visa conjoint de Français permet-il de travailler dès l'arrivée ?
Oui. Le VLS-TS conjoint de Français autorise le séjour et le travail en France pendant sa durée de validité, généralement un an. Aucune autorisation de travail supplémentaire n'est requise pour l'employeur. La carte de séjour vie privée et familiale qui prend le relais après un an permet également l'exercice de toute activité professionnelle.
Que se passe-t-il si on oublie de valider le VLS-TS dans les 3 mois ?
Le visa devient caduc et le séjour bascule dans l'irrégularité. Concrètement, le conjoint ne peut plus circuler dans l'espace Schengen ni demander une carte de séjour à la fin de l'année sans procédure lourde. La validation se fait entièrement en ligne sur administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr et coûte 50 € de taxe. C'est l'une des erreurs les plus fréquentes des couples mixtes au retour.
Quand le conjoint peut-il demander la nationalité française ?
La déclaration de nationalité par mariage est ouverte après 4 ans de mariage avec un Français, à condition que la communauté de vie ait été continue. Le délai passe à 5 ans si vous ne pouvez pas justifier de 3 ans de vie commune en France depuis le mariage. Un niveau de français B1 oral et écrit est exigé. La demande se dépose en préfecture ou au consulat selon la résidence.
Quelle est la différence entre conjoint de Français et regroupement familial ?
Le visa conjoint de Français concerne le mariage avec un citoyen français : aucune condition de logement ni de ressources, demande au consulat avant le départ. Le regroupement familial concerne les étrangers en situation régulière en France qui veulent faire venir un conjoint étranger : il exige 18 mois de séjour régulier, des conditions de logement et de ressources, et passe par l'OFII. Pour un Français qui rentre avec un conjoint étranger, c'est presque toujours la voie « conjoint de Français » qui s'applique.
Mon conjoint sera-t-il couvert par la sécurité sociale dès son arrivée ?
Pas immédiatement. Contrairement à un Français qui rentre, le conjoint étranger ne peut s'affilier à la PUMA qu'après obtention de son titre de séjour ou validation du VLS-TS. Une couverture santé privée pour la période de transition est indispensable. S'il commence à travailler dès l'arrivée, l'affiliation passe par l'employeur, indépendamment du conjoint français.

Aller plus loin

Le guide complet à garder sous la main

Le Guide du retour en France rassemble en 100 pages PDF toutes les démarches détaillées de ce dossier et des six autres : modèles de lettres, cas pratiques, annexes juridiques. Mis à jour chaque année depuis 2015.