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Retour en France

Administratif

Les impôts l'année du retour en France (2026)

Année à cheval entre deux résidences fiscales : déclaration en deux parties, formulaires 2042 et 2042-NR, conventions fiscales, comptes à l'étranger.

Par Anne-Laure Fréant 8 min de lecture

En résumé

L'année où vous rentrez en France après une expatriation, vous changez de résidence fiscale en cours d'année. Pour l'administration fiscale française, vous êtes deux contribuables successifs : non-résident jusqu'à la date du retour, puis résident à compter de votre installation. Vous déposez donc une déclaration en deux parties l'année suivante : la déclaration n°2042 pour les revenus mondiaux perçus depuis le retour (résident), et la déclaration complémentaire n°2042-NR pour les revenus de source française perçus avant le retour (non-résident). Si vous percevez encore des revenus de source étrangère après le retour, ils s'ajoutent à la 2042 et sont reportés sur le formulaire n°2047. Les conventions fiscales bilatérales signées par la France avec une centaine de pays évitent la double imposition, soit par crédit d'impôt, soit par exonération. Première campagne déclarative après le retour : la déclaration en ligne ouvre généralement à la mi-avril, avec une date limite échelonnée par département entre fin mai et début juin. À cela s'ajoutent la déclaration des comptes bancaires détenus à l'étranger (formulaire 3916/3916-bis) et, si votre patrimoine immobilier dépasse 1,3 million d'euros au 1ᵉʳ janvier 2026, l'IFI.

En bref

  • L'année du retour, vous déposez deux déclarations : n°2042 pour la période résident, et n°2042-NR pour la période non-résident antérieure
  • Les conventions fiscales bilatérales signées entre la France et environ 120 pays évitent la double imposition par crédit d'impôt ou exonération
  • Tout compte bancaire ouvert, détenu, utilisé ou clos à l'étranger doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916/3916-bis, joint à la 2042
  • L'IFI est dû si votre patrimoine immobilier net dépasse 1 300 000 € au 1ᵉʳ janvier 2026 (résidents et certains non-résidents)

C’est l’un des sujets les plus mal anticipés du retour en France. L’année où vous rentrez, votre résidence fiscale change en cours d’année — et avec elle, le périmètre de ce que vous devez déclarer au fisc français. Ni totalement non-résident, ni totalement résident sur l’année civile : vous êtes les deux successivement, et la déclaration suit cette logique. Voici ce qu’il faut comprendre pour aborder sereinement votre première campagne déclarative française.

Important : cet article décrit le cadre général. La fiscalité dépend de votre situation personnelle (pays de départ, nature des revenus, patrimoine, statut familial) et de la convention bilatérale applicable. En cas de doute sur un montant ou un régime, contactez votre service des impôts des particuliers (SIP) ou un conseiller fiscal — les conventions sont rédigées de manière technique et chaque cas a ses subtilités.

Comment fonctionne la résidence fiscale l’année du retour

L’administration fiscale française considère qu’une personne change de résidence fiscale à la date où elle transfère son foyer en France. Cette date n’est pas négociable : c’est celle de votre installation effective et durable, généralement matérialisée par un bail, un acte d’achat ou l’arrivée des enfants à l’école.

L’année du retour est donc fiscalement coupée en deux périodes :

  • Avant la date du retour : vous étiez non-résident fiscal. La France ne pouvait vous imposer que sur vos revenus de source française (loyers d’un bien français, pensions françaises, dividendes d’actions françaises).
  • À compter de la date du retour : vous êtes résident fiscal. La France vous impose sur vos revenus mondiaux, y compris ceux qui continuent éventuellement à provenir de votre ancien pays d’expatriation.

Source officielle : service-public.gouv.fr — Quel est votre domicile fiscal — Sont considérées comme ayant leur domicile fiscal en France les personnes dont le foyer ou le lieu de séjour principal y est situé, qui y exercent leur activité professionnelle principale, ou qui y ont le centre de leurs intérêts économiques (article 4 B du Code général des impôts). Un seul critère suffit.

Le sujet n’est pas anodin : si vous remplissez l’un des critères français pendant que vous remplissez aussi un critère équivalent dans l’ancien pays d’expatriation, la convention fiscale bilatérale sert à trancher (voir plus bas).

La déclaration en deux parties : 2042 + 2042-NR

L’année suivant votre retour, vous déposez votre première déclaration fiscale française. Concrètement, vous devez deux déclarations articulées :

La déclaration n°2042 — pour la période résident

C’est la déclaration de revenus classique, celle que tout résident français remplit chaque année. Vous y reportez tous les revenus perçus à compter de la date de votre retour, qu’ils soient de source française ou étrangère :

  • Salaires d’un employeur français
  • Salaires d’un employeur étranger si vous continuez à travailler pour lui (télétravail, mission de transition)
  • Pensions, retraites, indemnités
  • Revenus du capital (intérêts, dividendes, plus-values)
  • Revenus fonciers (loyers de biens en France ou à l’étranger)

Si vous avez des revenus de source étrangère, ils sont détaillés en complément sur le formulaire n°2047.

La déclaration complémentaire n°2042-NR — pour la période non-résident

Officiellement intitulée « déclaration des revenus complémentaire », elle couvre la période où vous étiez encore non-résident, c’est-à-dire entre le 1ᵉʳ janvier de l’année du retour et la date du retour. Vous y reportez uniquement les revenus de source française perçus pendant cette période.

Source officielle : impots.gouv.fr — Formulaire 2042-NR — Ce formulaire est destiné aux personnes qui ont transféré leur domicile fiscal en France ou hors de France au cours de l’année.

Les deux déclarations se complètent : elles couvrent ensemble l’année civile complète, mais avec deux régimes différents selon la période.

Quels revenus déclarer sur quelle période

Voici les cas de figure les plus fréquents, sans entrer dans le détail des cas particuliers (stock-options, retraite par capitalisation, etc.).

Type de revenuAvant le retour (2042-NR)Après le retour (2042 + 2047 si étranger)
Salaire d’un employeur étrangerNon déclaré en FranceÀ déclarer (2042 + 2047)
Salaire d’un employeur françaisÀ déclarer (2042-NR)À déclarer (2042)
Loyers d’un bien immobilier en FranceÀ déclarer (2042-NR)À déclarer (2042)
Loyers d’un bien immobilier à l’étrangerNon déclaré en FranceÀ déclarer (2042 + 2047)
Dividendes d’actions françaisesÀ déclarer (2042-NR)À déclarer (2042)
Dividendes d’actions étrangèresNon déclaré en FranceÀ déclarer (2042 + 2047)
Pension de source françaiseÀ déclarer (2042-NR)À déclarer (2042)
Pension de source étrangèreNon déclaré en FranceÀ déclarer (2042 + 2047)

À noter : le formulaire 2047 (« déclaration des revenus encaissés à l’étranger ») n’est qu’un détail de calcul : les revenus étrangers y sont détaillés ligne à ligne, puis reportés au bon endroit de la 2042. Sans 2047, l’administration ne peut pas vérifier le calcul ni appliquer la convention fiscale.

Les conventions fiscales bilatérales : à quoi elles servent

La France a signé environ 120 conventions fiscales bilatérales, dont la liste exhaustive est disponible sur impots.gouv.fr — Conventions internationales. Chaque convention répond à deux questions :

  1. Quel pays a le droit d’imposer ce revenu ?
  2. Comment éviter la double imposition si les deux pays peuvent l’imposer ?

Les deux mécanismes d’évitement de la double imposition

Selon la convention, la France utilise l’une de ces deux méthodes pour neutraliser l’imposition étrangère déjà subie :

  • Le crédit d’impôt : la France impose le revenu en plein, puis déduit l’impôt déjà payé à l’étranger (dans la limite de l’impôt français correspondant). C’est la méthode la plus fréquente dans les conventions récentes.
  • L’exonération avec taux effectif : la France n’impose pas le revenu, mais le prend en compte pour calculer le taux d’imposition global du foyer (votre tranche marginale est donc déterminée comme si ce revenu était imposable).

Comment lire une convention

Chaque convention suit une trame proche du modèle OCDE :

  • Article 4 : règles de résidence en cas de double résidence apparente.
  • Articles 6 à 22 : règles d’imposition par catégorie de revenu (salaires, dividendes, intérêts, redevances, pensions, immobilier).
  • Article 23 : méthode d’élimination de la double imposition.

Si vous savez de quel revenu il s’agit, vous lisez l’article correspondant et vous remontez à l’article 23 pour le mécanisme. C’est technique, mais pas hors de portée.

Les obligations à ne pas oublier

Le formulaire 3916/3916-bis : les comptes à l’étranger

Tout résident fiscal français doit déclarer chaque année les comptes bancaires, comptes d’actifs numériques (cryptomonnaies) et contrats de capitalisation ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger. Cette déclaration se fait via le formulaire 3916/3916-bis, joint à la déclaration 2042.

Source officielle : impots.gouv.fr — Formulaire 3916/3916-bis — La déclaration porte sur les références du compte (banque, IBAN, dates d’ouverture/clôture), pas sur les soldes ni les transactions. L’oubli est sanctionné par une amende forfaitaire par compte non déclaré.

C’est le piège le plus fréquent l’année du retour : on garde un compte bancaire dans l’ancien pays « au cas où », on oublie de le déclarer, on est en infraction sans le savoir.

L’IFI si votre patrimoine immobilier dépasse 1,3 M€

L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) concerne les foyers dont le patrimoine immobilier net (biens immobiliers diminués des dettes liées) dépasse 1 300 000 € au 1ᵉʳ janvier 2026.

Source officielle : service-public.gouv.fr — Impôt sur la fortune immobilière — Vous êtes redevable de l’IFI si votre patrimoine immobilier net taxable est supérieur à 1 300 000 € au 1ᵉʳ janvier 2026.

Pour les rentrants, l’IFI peut concerner :

  • Un bien acheté en France pendant l’expatriation pour préparer le retour
  • Un bien locatif détenu en France et conservé pendant l’expatriation
  • Un bien immobilier détenu à l’étranger (les résidents fiscaux français déclarent leur patrimoine immobilier mondial)

L’IFI se déclare avec la déclaration de revenus 2042 (annexe 2042-IFI), aux mêmes dates.

Le calendrier déclaratif

La campagne de déclaration des revenus se déroule au printemps de l’année suivant celle des revenus. D’après le calendrier fiscal officiel, la déclaration en ligne sur impots.gouv.fr ouvre généralement à la mi-avril, avec des dates limites échelonnées par département :

  • Première date limite (départements 01 à 19 et non-résidents) : fin mai
  • Deuxième date limite (départements 20 à 54) : fin mai / début juin
  • Troisième date limite (départements 55 à 976) : début juin

Important : consultez le calendrier 2027 sur impots.gouv.fr dès qu’il est publié pour connaître la date exacte applicable à votre département. Les dates précises varient légèrement chaque année.

Pour votre première déclaration française, l’inscription sur impots.gouv.fr se fait avec le numéro fiscal qui vous est attribué après dépôt de votre dossier. Si vous n’avez jamais déclaré en France auparavant, prévoyez un délai d’identification — il est utile de contacter votre service des impôts des particuliers (SIP) dès l’arrivée pour ouvrir votre dossier.

Les pièges les plus fréquents

Cinq erreurs qui coûtent cher l’année du retour.

  1. Oublier la 2042-NR. Beaucoup de rentrants ne déposent que la 2042, en pensant que l’année du retour fonctionne comme une année normale. Résultat : la période non-résidente est ignorée, et l’administration peut redresser.
  2. Mal positionner la date du retour. Une date floue (« courant juin ») ouvre la porte à des contestations. Documentez-la précisément (bail, acte, certificat de scolarité, billet d’avion conservé).
  3. Omettre les comptes étrangers. Le 3916 est la déclaration la plus oubliée. Y compris pour de petits comptes ouverts à l’étranger « pour les vacances ». Tous comptent.
  4. Ignorer le formulaire 2047. Reporter directement les revenus étrangers sur la 2042 sans détailler par le 2047 empêche l’administration d’appliquer la convention fiscale et peut entraîner une double imposition.
  5. Sous-estimer l’IFI. Si vous avez acheté un bien en France pendant l’expatriation et qu’il prend de la valeur, le seuil de 1,3 M€ peut être atteint sans qu’on s’y attende. Calculez votre patrimoine net au 1ᵉʳ janvier.

Faut-il se faire accompagner

La fiscalité du retour peut être traitée seul si votre situation est simple : un seul pays d’expatriation, un salaire, un compte bancaire courant à l’étranger, pas de patrimoine immobilier significatif. Le formulaire 2042-NR est documenté, la 2042 classique aussi.

En revanche, certaines situations gagnent à être expertisées la première année :

  • Stock-options ou actions gratuites non encore levées au moment du retour
  • Plan d’épargne entreprise étranger (401(k) américain, RRSP canadien, etc.) à intégrer ou à conserver
  • Immobilier locatif dans l’ancien pays
  • Retraite étrangère déjà liquidée ou en cours de constitution
  • Patrimoine net proche du seuil IFI
  • Conjoint resté non-résident ou foyer fiscal éclaté

Un cabinet de fiscalité internationale facture en moyenne 1 500 à 5 000 € la première année (selon la complexité), ce qui peut être justifié si l’enjeu se chiffre en dizaines de milliers d’euros. Pour les questions ponctuelles, le SIP (service des impôts des particuliers) répond gratuitement par téléphone, courrier ou rendez-vous.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

On vous explique

Pourquoi dois-je faire deux déclarations l'année du retour en France ?
Parce que vous changez de statut fiscal en cours d'année. Avant la date du retour, vous étiez non-résident fiscal et imposable en France uniquement sur vos revenus de source française. Après le retour, vous êtes résident fiscal et imposable sur vos revenus mondiaux. La déclaration n°2042 couvre la période résidente, la déclaration complémentaire n°2042-NR couvre la période non-résidente antérieure. Cette double déclaration permet d'appliquer le bon régime à chaque période.
Quels revenus dois-je reporter sur le formulaire 2042-NR ?
Uniquement les revenus de source française perçus entre le 1ᵉʳ janvier et la date de votre retour, alors que vous étiez encore non-résident fiscal. Cela inclut les loyers d'un bien immobilier situé en France, les pensions de source française, les dividendes d'actions françaises, ou les plus-values immobilières françaises. Les revenus de source étrangère perçus pendant cette même période ne sont pas à déclarer en France : ils relèvent du fisc du pays d'expatriation.
Les revenus de mon employeur étranger sont-ils imposables en France une fois rentré ?
Oui, à compter de la date du retour, vous êtes résident fiscal et imposable sur vos revenus mondiaux. Si vous continuez à percevoir un salaire d'un employeur étranger après le retour (télétravail, indemnités de fin de contrat, bonus différé), ces revenus sont à reporter sur la 2042 et détaillés sur le formulaire 2047. Une convention fiscale bilatérale peut prévoir un crédit d'impôt si l'autre pays a déjà prélevé.
Comment fonctionnent les conventions fiscales bilatérales ?
La France a signé des conventions avec une centaine de pays pour éviter la double imposition. Chaque convention attribue le droit d'imposer un revenu à l'un des deux États ou aux deux, et prévoit un mécanisme correctif. Les deux méthodes principales sont le crédit d'impôt (le revenu est imposé en France, qui déduit l'impôt déjà payé à l'étranger) ou l'exonération (le revenu n'est pas imposé en France mais pris en compte pour le calcul du taux). Le texte de chaque convention est consultable sur impots.gouv.fr.
Dois-je déclarer mes comptes bancaires détenus à l'étranger ?
Oui, dès que vous redevenez résident fiscal français. Tout compte bancaire, compte d'actifs numériques (cryptomonnaies) ou contrat de capitalisation ouvert, détenu, utilisé ou clos à l'étranger doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916/3916-bis, joint à votre déclaration 2042. La déclaration porte sur les références du compte (banque, numéro), pas sur le solde. L'oubli expose à des amendes par compte non déclaré.
À quelle date dois-je déposer ma première déclaration en France ?
La déclaration de revenus se dépose au printemps de l'année suivante. Pour les revenus 2026, le service en ligne ouvre généralement à la mi-avril 2027. Les dates limites sont échelonnées par département, entre fin mai et début juin (consultez le calendrier fiscal sur impots.gouv.fr). Si vous rentrez en 2026, votre première déclaration française portera donc sur les revenus 2026 et sera à déposer au printemps 2027.
Que faire si j'ai été prélevé à la source à l'étranger toute l'année ?
Vous reportez ces revenus sur le formulaire 2047 et la 2042. Si une convention fiscale prévoit un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant, la double imposition est neutralisée. Conservez vos justificatifs étrangers (avis d'imposition, attestations de prélèvement) : l'administration peut les demander. Côté France, le prélèvement à la source pour vos nouveaux revenus français se met en place via la déclaration et un taux personnalisé sur impots.gouv.fr.
Faut-il se faire accompagner par un cabinet fiscal ?
Pas obligatoire, mais utile selon la complexité. Un retour avec uniquement des salaires et un compte bancaire courant à l'étranger se traite sans aide. Une situation avec stock-options non levées, plan d'épargne entreprise étranger, immobilier locatif dans le pays de départ, ou patrimoine proche du seuil IFI gagne à être expertisée la première année. Vous pouvez aussi solliciter votre service des impôts des particuliers (SIP) pour des questions ponctuelles, gratuitement.

Sources et références

Pour vérifier les informations

Sources officielles consultées le 1ᵉʳ mai 2026 : impots.gouv.fr (formulaires 2042, 2042-NR, 2047, 3916, conventions internationales, calendrier fiscal), service-public.gouv.fr (résidence fiscale F62, IFI F563)

Aller plus loin

Le guide complet à garder sous la main

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