S’expatrier, revenir, recommencer

S’expatrier, revenir, recommencer

La vie nomade et la réinvention de soi

Tout le monde n’a pas la chance, ni l’opportunité de pouvoir complètement se réinventer une ou plusieurs fois au cours de sa vie. Si l’expatriation n’est pas le seul moyen d’apprendre à se connaître, elle reste une expérience très intense qui met à rude épreuve les capacités d’adaptation et marque profondément les personnalités.

Elle ouvre la porte sur le “et si?”… Et si j’étais né au VietNam? Et si j’avais étudié dans une université canadienne? Et si j’avais monté ma boîte au Brésil? Et si mon métier n’était en fait pas le seul pour lequel je suis doué(e)? Et si, après tout, qui je suis était en réalité beaucoup plus vaste et changeant que je le pensais? La diversité de qui nous sommes, et qui nous pourrions être, est ce qui frappe le plus ceux qui ont beaucoup voyagé, tâtonné, expérimenté au cours de leur vie : on réalise alors à quel point être “ici et maintenant”, tels que nous sommes à un instant “t”, est relatif. Cette personne est capable d’extraordinaires adaptations, allant du plus petit ajustement culturel à la révolution intérieure totale. Tout comme on peut avoir le coup de foudre pour quelqu’un, un métier, un lieu, un peuple, une culture, le centre de gravité de nos vie peut entièrement basculer du jour au lendemain, ou presque !

Ce qui est formidable, c’est d’en prendre conscience. Et c’est parfois ce qui est difficile à faire quand on est enfermé dans une routine trop pesante.

Sédentaires VS nomades : des vies si différentes ?

La vie sédentaire peut être très mouvementée. Ceux qui sont investis à 100% dans des projets prenants, une passion dévorante, une vie sociale et familiale trépidante ne ressentent pas forcément le besoin de partir vivre à l’autre bout du monde pour se mettre encore plus au défi. Partir à l’aventure est un moyen parmi beaucoup d’autres d’explorer le monde, mais ce n’est pas le seul. Cela étant, la force de émotions procurées par le voyage, la rencontre avec l’autre, la découverte de l’inconnu, constitue l’une des expériences les plus puissantes en terme d’intensité. Les souvenirs générés sont très forts, au point de parfois supplanter certains souvenirs d’enfance (notamment les parfums, les goûts, les saveurs).

Se découvrir à l’étranger, c’est aussi explorer des facettes de soi-même dont on ne soupçonnait même pas l’existence ! Hors de l’environnement familier, certains traits de caractère se révèlent, s’épanouissent, tandis que d’autres s’atténuent. Ailleurs, on est plus libre d’être toutes les facettes de soi-même, d’explorer d’autres voies et de s’essayer à de nouvelles activités, sans sentir penser sur soi le jugement de l’entourage. Qu’il est difficile de rester ouvert aux évolutions de l’autre, sans le freiner, le décourager ni le blesser ! Ailleurs, plus isolé et plus concentré sur son environnement, on s’accorde plus naturellement cette liberté d’exploration et d’évolution.

Se réinventer : une belle aventure, mais aussi un défi

Se réinventer, que ce soit professionnellement ou affectivement, est une aventure extraordinaire. La majorité des gens se réinventent une ou plusieurs fois au cours de leur vie : reconversion professionnelle, divorce, remariage, déménagements, expatriations… Vouloir changer, s’autoriser à être autre, se rapprocher de soi-même est très positif. C’est chaque fois ne pas laisser ce qu’on a fait dans le passé influencer ce que l’on souhaite être dans le futur. Faire ce travail constant de repositionnement de soi est très sain, et très exigeant. Encore faut-il pouvoir faire face à la réalité, admettre ses faiblesses, mettre en oeuvre des choses pour les dépasser. Encore faut-il oser, oser être soi, oser se laisser porter par son instinct et sa force intérieure, en dépit des influences extérieures.

Se réinventer par choix est une épreuve, mais aussi un défi motivant dont on retire beaucoup de fierté et de liberté. Souffrir pour faire ce que l’on souhaite faire et devenir qui l’on veut devenir n’a pas le même goût qu’une souffrance liée à la passivité ou au sentiment d’enfermement. L’une est motivante, l’autre abîme l’estime de soi. L’expatriation choisie, voulue, volontaire et contrôlée est une formidable aventure d’affirmation de soi et de découverte du monde.

En revanche, nombreux sont ceux et celles qui sont partis dans des conditions plus ou moins maîtrisées (suivi de conjoint, mutation, etc.), et qui ont dû tout lâcher de leur vie d’avant sans vraiment le vouloir, sont face à une redoutable épreuve. Il s’agit pour eux de faire le deuil d’une vie qu’ils aimaient pourtant, pour se réinventer “par la force des choses”. Le retour d’expatriation subi constitue en cela une épreuve : cette fois, il faut recomposer avec un environnement qui n’a rien d’exotique et dans lequel on n’est pas attendu, pour se reconstruire à nouveau.

Le renoncement à accomplir est immense, mais la richesse et la puissance d’un avenir nouveau à rebâtir de ses mains est aussi une superbe promesse.

 

Pour des informations plus détaillées sur la reconversion professionnelle post-retour, consultez le Guide du retour en France pour bénéficier de tous les retours d’expérience de notre communauté.